SIRA
130 × 97 cm — Techniques mixtes sur aluminium, inclusions tridimensionnelles sous résine.
SIRA raconte l’instant fragile où l’enfance bascule.
À travers le regard de Mustapha, jeune garçon quittant Dakar pour Paris, Robin Laffargue explore la mémoire de l’exil, la transmission familiale et cette sensation universelle de devoir abandonner un monde encore trop aimé.
Entre aluminium, résine et inclusions symboliques, l’œuvre fige les souvenirs précieux d’une enfance suspendue entre deux continents.
— Histoire complète —
Avec SIRA, Robin Laffargue explore la mémoire de l’exil et ce moment précis où l’enfance découvre que certains départs changent une vie entière.
L’œuvre s’inspire de l’histoire de Mustapha, un jeune garçon sénégalais contraint de quitter Dakar au début des années 1980 pour rejoindre Paris avec sa famille. À travers lui, l’artiste interroge la manière dont les souvenirs, les odeurs et les émotions survivent malgré la distance et le temps.
Au centre de la composition apparaît Mustapha, vêtu de sa tunique orange brûlée brodée de motifs turquoise cousus par sa mère. Chaque symbole devient un fragment de transmission : le voyage, la protection, la liberté. Derrière lui, les teintes chaudes de Dakar se confrontent progressivement à la froideur métallique de l’aluminium, évoquant l’avion, l’exil et la brutalité du déracinement.
L’œuvre multiplie les inclusions tridimensionnelles sous résine : fleurs de mimosa, fragments de tissus, bonbons « Ours d’Or », objets d’enfance et souvenirs figés émergent de la matière comme des reliques émotionnelles conservées intactes malgré les années.
Au fil de la narration, Paris devient un second territoire intérieur. Dans un petit square envahi de mimosas, Mustapha rencontre Clara, une jeune fille blonde qui lui rappelle mystérieusement la princesse d’un vieux livre ramené de France lorsqu’il était enfant. Leur lien grandit au rythme des saisons, transformant peu à peu l’exil en rencontre, puis en amour.
À travers ses reliefs, ses contrastes de matières et sa narration phygitale, SIRA interroge ce que l’on emporte réellement avec soi lorsque l’on quitte son pays : non pas des objets, mais des odeurs, des couleurs, des visages et des émotions impossibles à effacer.
Les œuvres de Robin Laffargue sont construites à partir de récits sensibles et de mémoires réelles retranscrites dans la matière, entre peinture, sculpture et mémoire collective.



