RENCONTRE AVEC Robin Laffargue

Robin Laffargue est artiste plasticien basé à Toulouse. Résine, reliefs, aluminium, pigments — et depuis peu, des œuvres phygitales intégrant des puces NFC. Voici comment il parle de son travail, de ses obsessions et de sa manière de voir le monde.

QUI ES-TU ?

Je cherche encore la réponse. Mais aujourd’hui, je suis quelqu’un qui comprend mieux le fonctionnement de son cerveau et qui a trouvé dans la création une façon d’habiter le monde plus calmement.

Je suis TDAH. Pendant longtemps, je me suis senti en décalage, un perturbateur qui ne trouvait pas sa place. L’atelier est devenu l’endroit où ce chaos peut enfin prendre une forme. Aujourd’hui, je travaille l’aluminium, les pigments et la résine en superposant les couches et les reliefs. On verra qui je serai demain.

POURQUOI LA PEINTURE ?
J’ai perdu mon père à l’âge de 3 ans et ça m’a profondément perturbé. J’ai eu du mal à m’exprimer, alors j’ai dessiné avant même de savoir parler. Quand on dessine, quand on peint, on est chez soi n’importe où. J’adore cette bulle.
QUELLES SONT TES INFLUENCES ?

J’aime tout ce qui provoque une émotion. C’est très subjectif. Ma liste est un mélange de maîtres comme Basquiat, Bacon ou Hockney, et d’artistes que je côtoie ou admire aujourd’hui.

Je suis très marqué par le travail d’amis comme Philippe Viejo, qui m’a énormément influencé, CEET ou CYRO. Je pense aussi à ALBEN et Hom Nguyen, dont j’adore l’énergie. Ce sont ces échanges humains, autant que l’art brut ou l’impressionnisme, qui nourrissent mon atelier aujourd’hui. Je ne sais pas ce qui me plaira dans dix ans, et c’est très bien comme ça.

QUELLE TECHNIQUE UTILISE TU POUR PEINDRE ?

J’aime mélanger : le pastel, l’acrylique, l’huile, l’encre et les résines. C’est presque de la chimie, mais je garde mes secrets de fabrication. Aujourd’hui, je travaille surtout sur aluminium.

J’utilise la résine époxy, des inclusions et des moules en silicone pour créer du relief directement dans la matière. Le tableau devient un objet en volume, entre peinture et sculpture murale. J’intègre également une puce NFC dans mes œuvres afin de relier physiquement la pièce à son oeuvre phygitale.

QUELLE EST TA COULEUR PRÉFÉRÉE ?
Les couleurs sont des émotions. Le rouge est intense, le bleu mélancolique, le noir mystérieux, le jaune apporte de la joie… Je n’ai pas de couleur préférée, mais j’ai une sainte horreur du mauvais goût.
LE MOT DE LA FIN ?
Je ne connais pas de citation célèbre alors je vais employer une des miennes :
 -« Être content me rend heureux » et -« Faire la gueule, c’est trop fatiguant ! »
RENCONTRONS-NOUS
J’aime accompagner mes œuvres là où elles voyagent. Chaque exposition est une occasion de partager un regard, une émotion et une histoire.

L’ATELIER EST UN SANCTUAIRE.

Un repère secret où l’imaginaire prend le dessus sur le quotidien. Là où le chaos rencontre la poésie, où les histoires prennent vie dans la matière.

C’est ici que je passe mes nuits blanches, dans le silence ou dans le bruit. J’y traverse mes frustrations, mes joies, mes peines et mes vertiges.

Dehors je suffoque, alors je m’enferme pour vivre ma liberté.

Dans cet atelier, je peins des fenêtres ouvertes sur l’infini. Et lorsque l’image se fige enfin dans la résine, je contemple ce fragment de folie devenu matière.

LE JOUR OÙ J’AI ARRÊTÉ DE PEINDRE COMME UN ADULTE.

Robin Laffargue – Artiste plasticien à Toulouse

AU CŒUR DE LA COLLECTION GENOME

Une immersion en vidéo dans mon processus de création, où je vous dévoile la genèse de mes œuvres et le sens derrière chaque superposition de matière.

Mon atelier

C’est ici que la matière prend vie et que les fragments se superposent.